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 La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel, Romain Puértolas

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Bouquinovore
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MessageSujet: La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel, Romain Puértolas   Lun 5 Jan - 18:06


Auteur: Romain Puértolas
Titre Original: La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel
Date de Parution : 7 janvier 2015
Éditeur :
Le Dilettante
ISBN: 978-2842638122
Nombre de pages : 256
Prix : 19,00€

Quatrième de couverture :
Si tout a commencé, pour Romain Puértolas, par l’ambulation à succès, chahutée et planétaire, d’une armoire bien complète de son Fakir, tout va continuer avec la geste aérienne d’une donzelle hors norme : Providence Dupois, debout dès l’aube, flair de reine, six orteils au pied droit, factrice de profession et mère par instinct. Coincée en aérogare par la nuageuse colère d’un volcan islandais, Providence ne peut aller quérir-guérir au Maroc l’enfant malade qu’elle a adoptée : Zahera, fillette aux poumons embrumés (toujours des nuages) par la mucoviscidose. Elle tempête, trépigne et songe à l’enfant qu’elle a découverte, petite boule de charmants prodiges, lors d’une hospitalisation au Maroc. Quand soudain les dieux suscitent un génie : le maître 90, dit aussi Hué, pour qui vole qui veut, suffit d’ouvrir les bras, l’envol se prend comme un élan : hop ! Et Providence de voler, cap Maroc ! Mais si, en définitive, tout cela n’était que chimère à réacteurs, un conte odoriférant, une rêverie en altitude… Qui sait ? « le monde est un enfant qui veut voler, avant de savoir marcher » nous glisse l’artiste : dont acte, rêvons, volons, rêvons que nous volons. Lisons

Extrait
Le premier mot que prononça le vieux coiffeur lorsque j'entrai dans son salon fut une injonction brève et tranchante digne d'un officier nazi. Ou d'un vieux coiffeur.
- Assis !
Docile, je m'exécutai. Avant qu'il ne le fasse avec sa paire de ciseaux.
Puis il commença son ballet tout autour de moi sans même attendre de connaître la coupe avec laquelle je souhaitais ressortir de son salon, ou la coupe avec laquelle je ne souhaitais précisément pas ressortir de son salon. Avait-il déjà au moins eu affaire à l'afro récalcitrante d'un métis auparavant ? Il n'allait pas être déçu.
- Vous voulez que je vous raconte une histoire incroyable ? demandai-je pour briser la glace et instaurer un climat de convivialité entre nous.
- Dites toujours, du moment que vous arrêtez de bouger la tête. Je vais finir par vous couper une oreille.
Je considérai ce «dites toujours» comme un grand pas, une invitation au dialogue, à la paix sociale et à l'harmonie entre frères humains, et en même temps j'essayais d'oublier le plus rapidement possible, en vertu de ces mêmes accords de fraternité, la menace d'amputation de mon organe auditif.
- Bien, alors voilà, un jour, mon facteur, qui est une femme, une femme charmante d'ailleurs, s'est présentée à la tour de contrôle où je travaille et m'a dit : «Monsieur Machin (c'est mon nom), il faudrait que vous me donniez la permission de décoller. Je sais que ma requête peut vous paraître insolite, mais c'est comme ça. Ne vous posez pas trop de questions. Moi, j'y ai renoncé depuis que tout a commencé. Donnez-moi juste la permission de décoller de votre aéroport, je vous en prie.» En soi, je ne trouvais pas sa demande si insolite que ça. Je recevais parfois la visite de particuliers ruinés par les écoles d'aviation avoisinantes qui souhaitaient continuer à prendre des heures de vol pour leur compte. Ce qui me surprenait, en revanche, c'est qu'elle ne m'avait jamais parlé de sa passion pour l'aéronautique auparavant. Bon, nous n'avions jamais trop eu l'occasion de causer, ni même de nous croiser (j'alterne des horaires de jour et de nuit), mais quand même. D'habitude, elle se limitait à m'apporter le courrier à la maison dans sa vieille 4l jaune. Elle n'était jamais venue me voir au boulot. Dommage, parce qu'elle était canon, cette fille-là. «En temps normal, mademoiselle, je vous aurais dirigée vers le bureau des plans de vol pour ce type de requête. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, le trafic aérien est sens dessus dessous avec ce foutu nuage de cendres et on ne va pas pouvoir prendre en compte les vols privés. Je suis désolé.» Voyant sa mine déconfite (elle avait une très jolie mine déconfite et ça m'a déconfit le coeur), j'ai feint de m'intéresser à son cas : «Vous pilotez quoi ? Cessna ? Piper ?» Elle a beaucoup hésité. On voyait bien qu'elle était gênée, que ma question l'embarrassait. «C'est justement en cela que ma requête est insolite. Je ne pilote pas d'avion. Je vole toute seule.» «Oui, j'avais compris, vous volez sans instructeur.» «Non, non, toute seule, je veux dire, sans appareil, comme ça.» Elle a levé les bras au-dessus de sa tête et a exécuté un tour sur elle-même à la manière d'une danseuse de ballet. Au fait, est-ce que je vous ai dit qu'elle était en maillot de bain ?

Mon avis : Ceux qui pensaient attendre Romain Puértolas au tournant avec son dernier roman, vont certainement être déçus, car une fois encore Romain nous offre une lecture à mettre entre toutes les mains.

J'irais même jusqu'à vous dire que j'ai préféré l'extraordinaire aventure de la factrice dit la fée jaune 4L dans les nuages que l'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire ikea. Cependant la comparaison n'est pas évidente car les deux romans son bien différents.

Comme dans le Fakir, nous ne nous perdons pas avec de multiples personnages, il y a le coiffeur l'oreille attentive de Léo Machin narrateur et contrôleur aérien à Orly. Zahera, petite marocaine atteint de mucoviscidose qui rêve de devenir pâtissière marocanaute et Providence Dupois factrice plus connue sous le nom de la fée jaune 4L.

Ce roman est avant tout une histoire d'amour, cet amour que peuvent connaître les mères pour leur enfant. Et c'est cela qui unit Providence et Zahera.

Une mère est capable du plus incroyable pour son enfant et Providence n'échappe pas à la règle, malgré les obstacles, elle apprendra à voler de ses propres ailes (si je peux me permettre le jeu de mots), grâce à une formation express des moines tibétains de l'Humble Caste des Mantes Tricoteuses, tout en écoutant du Julio Iglesias.


Il me semble et je ne crois pas me tromper en disant que Romain a donné le nom de Léo au contrôleur aérien, en forme de clin d'œil à un petit bonhomme qui rempli de bonheur sa vie personnelle.

Avec cette nouvelle lecture, je commence l'année 2015 avec un très très gros coup de cœur.
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